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Smart projecteur : un outil révolutionnaire pour les acteurs ruraux

Face aux défis qu’imposent les changements climatiques aux acteurs agricoles, il devient impérieux de développer les bonnes pratiques pouvant leur permettre d’accroître non seulement la production, mais aussi leur résilience. Ayant compris l’enjeu, Access Agriculture s’attelle au Benin à apporter aux acteurs ruraux des technologies de production, de transformation et de stockage grâce au smart projecteur mis à la disposition de ses jeunes ambassadeurs et entrepreneurs agricoles.

Albertine Zinsou, la quarantaine environ est hélicicultrice (éleveuse d’escargots) à Covè depuis un an. Son activité autrefois traditionnelle est en train de prendre de l’ampleur (passant de quelques centaines à des milliers) grâce à la formation à elle dispensée par Access Agriculture par le biais d’un de ses smart projecteurs. « Avant, nous pensions que les escargots sont les mêmes, mais grâce à la formation d’Access Agriculture, nous savons désormais qu’il y a différentes espèces. Nous avons appris comment alimenter les escargots et aussi quelles dispositions sécuritaires prendre pour se protéger des nuisibles tels que les fourmis magnans » a-t-elle laissé entendre.

Mis à la disposition de jeunes entrepreneurs agricoles (encore appelés ERAs) et ambassadeurs investis par Access Agriculture, le smart projecteur fonctionne comme une version hors-ligne du site web d’Access Agriculture, il contient toutes les vidéos d’Access Agriculture disponibles pour visionnage hors connexion, hors réseau électrique et hors signaux mobiles. Il est livré avec un panneau solaire, une batterie et un système de son convenable pour 150 personnes ; tout cela dans un sac à dos ou un étui rigide.

Un outil efficace et révolutionnaire

Pratique, il permet aux ERAs et ambassadeurs de dispenser une formation itinérante aux acteurs agricoles qui ont désormais accès à des connaissances gratuitement. Et cela porte déjà des fruits. « Grâce aux vidéos, nous avons pu installer un jardin scolaire dans une école de 350 élèves à Sangou dans la commune de Natitingou. Avec notre accompagnement, les élèves produisent des légumes qui sont utilisés dans la cantine scolaire de l’école » raconte Maliki Agnoro, un des Ambassadeurs d’Access Agriculture. Comme monsieur Agnoro, Cédric Agbessi, un entrepreneur agricole utilise le smart projecteur pour renforcer les capacités de ses pairs dans les communes de Zè, Covè, Kétou, Malanville, Bohicon et dans le septentrion.

« Nous organisons au profit des éleveurs d’escargots (héliciculture), des transformateurs de kluiklui (amuse-bouche à base d’arachides), des producteurs de soja des vidéos de formation qui proposent des alternatives écologiques, des alternatives biologiques contrairement aux produits chimiques non respectueux de l’environnement. En moyenne chacune de nos interventions touche environ 30 personnes et aujourd’hui nous sommes déjà a plus de 500 acteurs touchés » a affirmé Cédric Agbessi.

Au-delà de son rôle premier qu’est la formation des acteurs ruraux sur les bonnes pratiques de culture et de transformation, le smart projecteur suscite la curiosité et éveille la conscience et l’intérêt des jeunes pour le secteur agricole. Il se crée ainsi, une saine émulation au profit de L’agriculture qui est de plus en plus délaissé par la jeunesse en Afrique subsaharienne. « Récemment, nous avons projeté des vidéos pour sept jeunes vacanciers qui se cherchaient une occupation. Cela leur a permis de se lancer dans le jardinage et nous les avons appuyés. Ils ont installé des pépinières et ont pu se trouver une activité génératrice de revenus » s’est réjoui Clémence Assongba, une ERA intervenant dans les départements du Zou et des Collines.

Albertine Zinsou, beneficiaire – Covè 2

La pérennité des projections en question

Comme ces jeunes, beaucoup d’acteurs ruraux s’approprient les contenus des vidéos projetés par les ERAs et les ambassadeurs d’Access Agriculture. Cependant, bien que conscients des avantages qu’offre cet outil à travers son contenu, les bénéficiaires ont du mal à contribuer à la pérennité des projections bien que la contribution demandée soit plus que minimaliste. « Nous sommes confrontés à la réticence des bénéficiaires à contribuer au déplacement des ambassadeurs et ERAs tel que préconisé par Access Agriculture. Nos agriculteurs ne sont pas encore disposés à payer pour suivre des formations, quel que soit le montant (100 ou 200 F CFA, NDLR). Ils n’en ont pas encore la culture et il faut les sensibiliser » a fait remarquer Cédric Agbessi.

Cedric Agbessi avec une bénéficiaire à Covè

L’autre difficulté rencontrée par les ambassadeurs et ERAs est la traduction des vidéos en langues locales. Certes, il en existe certaines, mais la plupart des vidéos sont en langue française. De plus, bien que les ambassadeurs et ERAs essaient de les traduire, les bénéficiaires ont du mal à capter tout le message. Nul doute que le temps fera son effet à ce propos. Mais en attendant, le smart-projecteur continue de faire des étincelles auprès des acteurs agricoles qui y voient un levier d’accroissement de leur production.

Rappelons que conformément à sa mission qui est de promouvoir les principes agro écologiques et l’entrepreneuriat rural à travers le renforcement développement des capacités et l’échange Sud-Sud de vidéos de formation paysan à paysan de qualité en langues locales ; Access Agriculture s’est doté dans plusieurs pays, de jeunes ambassadeurs et entrepreneurs pouvant disséminer auprès des acteurs ruraux, le contenu de ses vidéos. Au Bénin, ils sont dix ambassadeurs et treize entrepreneurs.

André Tokpon

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