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Pomme de terre : Le CIP met au point une variété bio fortifiée en fer

Partant du constat que la carence en fer est l’une des formes les plus pernicieuses de malnutrition et la principale cause d’anémie, le centre international de la pomme de terre (CIP) a conduit sur deux décennies, une recherche sur la fortification de la pomme de terre. Le rapport issu de cette étude révèle une augmentation de 50 % de la  teneur du tubercule en cette substance minérale.

« Nous savons désormais que la pomme de terre, bien qu’elle contienne moins de fer que le haricot et l’épinard, possède un grand potentiel pour réduire la carence en fer, puisqu’une importante proportion contenue dans la pomme de terre est absorbée par l’organisme humain », constate Gabriela Burgos, nutritionniste au CIP. En effet, à travers la bio  fortification les agriculteurs du CIP ont pu obtenir une nouvelle variété de ce tubercule. Ce dernier contient une quantité de fer  à 50 % supérieure par rapport aux variétés conventionnelles, dont la teneur s’élève à 29 %. Le rapport du CIP datant de juillet 2021 révèle que les travaux ayant abouti à ce résultat découlent de dix-sept années de recherches qui ont démarré avec le croisement des cultivars riches en fer retrouvés dans les Andes. Cette variété sera exploitée plus tard dans le croisement avec une souche reproductrice avancée afin d’obtenir des pommes de terre à haut rendement, résistantes aux maladies et riche en fer.

Au terme des essais déroulés au Pérou, deux variétés retiennent l’attention des chercheurs du CIP, notamment la pomme de terre à chair jaune et celle à chair couleur crème. La consommation de 500 grammes de ces variétés fournit plus de la moitié des besoins journaliers en fer d’une femme enceinte. La variété à chair violette, la troisième obtenue présente un taux d’absorption relativement plus faible que ses concurrentes.

Dissémination des nouveaux cultivars

Après cette trouvaille, le CIP et ses partenaires ont orienté leurs actions dans le sens de la vulgarisation des techniques de production de ces pommes de terre bio fortifiée auprès des agriculteurs et dans l’alimentation des ménages ruraux du Pérou. Le rapport précise que ceux-ci ont entrepris l’étude des sols sur une dizaine de sites afin d’identifier les zones favorables à la reproduction de ces variétés. Une sélection inclusive d’environ 300 agriculteurs dont 40 % de femmes, des analyses de laboratoires ainsi qu’un essai de dégustation ont été effectués et ont permis d’identifier les deux variétés à disséminer au Pérou à l’horizon 2023.

L’an dernier, le CIP a instauré une collaboration avec les ONG et le gouvernement pour la culture et la consommation de plusieurs variétés à forte teneur de fer dans les Andes, très touchées par l’anémie. Des séances de disséminations ont été menées avec une approche efficace axée sur le genre, des distributions de semences de pomme de terre bio fortifiée, la formation des agriculteurs, et des communications sur les radios locales. Ces actions ont permis aux exploitations familiales d’apprécier et d’adopter des variétés de pommes de terre.

Pour les chercheurs, ces interventions qui touchent la réduction des problèmes liés à l’anémie dans ces communautés ont permis d’identifier des approches de vulgarisation au-delà des Andes et du Pérou, notamment en Éthiopie, en Inde et au Rwanda. « Avec une stratégie de vulgarisation efficace, les pommes de terre riches en fer pourront faire une grande différence dans les actions qui visent à réduire la forte prévalence de l’anémie globalement », estime Hugo Campos, Directeur de la recherche au CIP.

Méchac AWOKOLOÏTO

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