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Karité : Diversifier les produits dérivés pour accéder à de nouveaux marchés

Blouse blanche à manche longue, pour protéger les bras, les cuisses, le torse et le ventre ;  des gants de ménage pour protéger mains et avant-bras des éventuelles projections de soude ; des lunettes de protection pour les yeux; un masque contre les vapeurs chimiques : bienvenue au laboratoire de production de savon. En ce  lieu où l’hygiène et la sécurité au travail règnent en priorité, l’accoutrement des occupants dénote de la qualité recherchée dans l’atteinte des objectifs.

Nous sommes au nord du Togo, précisément à Kara (environ 400 kilomètres de la capitale) ; une vingtaine de coopératives participent à un séminaire de formation sur la production de savon. Lawani Aimée Abra Tenu, formatrice en production de savons et produits cosmétiques explique aux participants que ‘’la savonnerie nécessite la manipulation de produits extrêmement dangereux, tels que la soude caustique indispensables au processus de saponification des huiles. C’est pourquoi dans un laboratoire de production, on est tous tenu de porter des équipements d’hygiène et de protection’’.

Du Bénin au Burkina Faso, en passant par le Togo et le Mali, l’accoutrement au laboratoire se doit de respecter les normes en la matière. ‘’Il est tout aussi important de désinfecter l’espace de travail et tous les outils et équipements de production’’ ; précise Aimée.  ‘’J’ai appris à faire du savon artisanal depuis mon jeune âge avec ma mère, mais aujourd’hui je suis là pour en apprendre davantage et étendre les connaissances aux membres de ma coopérative afin que nous diversifiions nos produits pour accéder à des marchés rémunérateurs’’ ; confie Derman Awao, membre de la coopérative Kantè Kéran au nord du Togo.

Des bénéficiaires de la formation au Burkina Faso présentent fièrement le fruit de leur réalisation (Bobodioulasso, Burkina Faso – Decembre 2020)

De pareilles attentes sont généralement similaires dans les quatre pays bénéficiaires du Programme Régional d’Appui au Développement Commercial de la Filière Karité́ (PRADCIFK), financé par le Cadre Intégré Renforcé (CIR) et mis en œuvre par l’Alliance Globale du Karité (AGK) en étroite collaboration avec les Unités de mise en œuvre du CIR dans les pays. Samoura Coumba, membre de l’union Kaloje, une coopérative de collectrices et transformatrices de karité du Mali affirme : ‘’ Nous attendions cette formation depuis plusieurs années, car au sein de notre coopérative, nous souhaitons aller au-delà du beurre de karité en proposant des produits dérivés à notre marché’’.

Du contenu aux résultats des formations

A juste titre, le projet régional vise à terme à faciliter l’exportation des amandes et des produits à valeur ajoutée du karité́, stimuler une croissance favorable aux pauvres, augmenter la demande de produits à valeur ajoutée du karité́, aider les petites entreprises à accéder aux marchés internationaux, et améliorer les revenus liés au commerce pour les femmes collectrices et transformatrices.  Dans les quatre pays bénéficiaires du projet, chaque séminaire de formation dure trois jours et combine approche théorique et ateliers pratiques en vue de permettre aux participants d’être mieux outillés. Au-delà d’une simple formation, c’est également l’opportunité d’un partage d’expérience offrant une valeur ajoutée concrète aux bénéficiaires, car les intervenants sont des membres de l’AGK ayant une bonne connaissance et des expériences pratiques en la matière. Entre autres points abordés au cours des formations, les terminologies de la fabrication de savon, l’utilisation des ingrédients, leur rôle (propriétés) et performance dans la production de savon, quelques additifs de la fabrication de savon, les normes régissant l’utilisation des ingrédients, les facteurs de détérioration de la qualité des ingrédients, les moyens de stockage des ingrédients et la détermination de la qualité des ingrédients.  Ayant participé à la formation au Bénin, Broutani Awaou, membre de la coopérative de karité de N’Dali témoigne de ses acquis : ‘’J’y suis venu avec des connaissances de base et je ressors de cette formation avec des connaissances pratiques sur la combinaison des huiles végétales et spécifiquement l’utilisation du beurre de karité pour la production de savon ; au-delà de ma personne, c’est une ressource qui sera partagée avec tous les membres de ma coopérative’’.

Une vue partielle des bénéficiaires de la formation du Togo (Kara, Togo – Fevrier 2021)

 

Quelles sont les perspectives de marché ? 

‘’Ce projet s’inscrit dans la droite ligne du plan de développement national, car il contribuera in fine à accroitre la compétitivité des produits nationaux et boostera la consommation locale’’ ; se réjouit Michel Tchepan, Coordinateur National de l’Unité de Mise en Œuvre du Cadre Intégré Renforcé au Togo.  ‘’Nos savons sont actuellement vendus dans plusieurs boutiques et pharmacies du Burkina Faso.  Cette formation et les interventions du projet nous permettent d’aller au-delà des frontières nationales afin de saisir des opportunités de marché aussi bien au niveau régional qu’international’’ ; renchérit Odette Zouré, présidente de la coopérative AFUP au Burkina Faso.   A l’instar de cette coopérative, nombre de PMEs désirent accéder à divers marchés pour leurs produits.  Le projet PRADCIFK entend faciliter l’accès au marché au profit des PMEs, à travers des foires et expositions ainsi que des rendez-vous d’affaires B2B. A titre illustratif, tirant parti de la conférence internationale du karité (27 – 29 avril 2021), des sessions d’affaires B2B seront organisés pour connecter quarante PMEs aux acheteurs régionaux et internationaux de karité et produits dérivés du karité.

Nestor DEHOUINDJI

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