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Du lait coulant à flot, quand et comment ?

  Si c’est un pari, il n’est pas gagné d’avance. Des réflexions autour de l’organisation de la filière lait, ce n’est pas la première et ce ne sera certainement pas la dernière, tant le lait est important. Malgré les potentialités existantes, 75% de la consommation de lait au Bénin est importé. Il pèse ainsi très lourd dans la balance commerciale. Que faire ? C’est à cette question que tente de répondre la Commission Permanente Agriculture de l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) qui a réuni à l’Hôtel Princesse de Bohicon, les 07 et 08 juin 2021, des professionnels de l’élevage des bovins. Premier réflexe, pour avoir du lait il faut organiser l’élevage Le lait que nous consommons provient majoritairement de la vache. D’autres espèces comme la chèvre donnent aussi du lait, mais en faible quantité. Au Bénin l’élevage des bovins est une activité exclusivement réservée à l’ethnie Peulh qui pratique un élevage de type itinérant avec la recherche permanente de pâturages et de points d’eau. Ce mode d’élevage extensif ne met pas l’accent sur la production laitière. Certes, il y a la collecte d’une certaine quantité de lait (0,5 à 2,5 litres par jour et vache allaitante) qui est transformée en fromage (Wagassi) par les femmes peulh. Trop faible pour approvisionner les villes. La transhumance comme déclencheur ? Ce mode d’élevage est source de conflits permanent entre les agriculteurs et les éleveurs au point de pousser le Gouvernement à opter pour la sédentarisation à travers des actes concrets pris en Conseil des Ministres. Mieux des sites ont été identifiés pour recevoir des infrastructures adéquates en vue de maintenir les animaux sur place. Avant cela, des projets et pas des moindres ont investis d’importantes ressources pour l’amélioration les performances en production laitière des races locales (croisement avec des races exotiques, inséminations artificielles etc.) et l’introduction des races laitières importées (Holstein et Girolando). Malgré toutes ces tentatives qui ont permis de porter la production du Bénin à 125.000 tonnes par an (D. O. KOUDANDE), la filière lait tant attendue n’est pas née et le lait continue d’être importé en très grande quantité pour l’approvisionnement des villes. La sédentarisation comme solution ? Une des approches de solutions proposées par Dr. E. TOIGBE est « L’amélioration de l’alimentation par un appui à l’installation des cultures fourragères et une meilleure valorisation des sous-produits agricoles… » et Dr. F. HONGBETE va plus loin pour proposer : « la promotion des fermes privées orientées vers l’élevage de vaches laitières, l’appui à la sédentarisation des noyaux laitiers (champs fourragers ou compléments alimentaires agroindustriels), la multiplication des points d’abreuvement dans les bassins laitiers afin de réduire la transhumance, l’élaboration de programmes spécifiques de prophylaxie sanitaire et médicale pour les vaches laitières ». Le mot est lâché. Il nécessairement passer au mode intensif et donc à la sédentarisation des élevages qui est l’approche du Gouvernement du Bénin pour limiter la transhumance et ses effets néfastes. « Race exotique ou race locale, il faut régler correctement la question de l’alimentation et le lait va couler à flot » dira D. GUETIDO de l’ANOPER Quand on a le lait à flot, il faut le traiter Dès lors que vous passez de 2 à 20 ou 25 litres de lait par jour et par vache, la traite ne peut plus être manuelle. Le lait recueilli n’a que quelques heures pour être transformé. Une des difficultés majeures est l’éloignement des zones de production des centres urbains où se consomment le lait. Passer à l’échelle suppose de créer des conditions adéquates pour la traite des vaches, la collecte du lait, sa transformation sur place et le dispositif de transport pour l’approvisionnement des villes. Augmenter la production laitière de 172.000 tonnes par an pendant 5 ans n’est pas impossible. Mais faut-il l’envisager dans le contexte actuel du Bénin ?  Par Joachim N. SAIZONOU
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