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De chauffeur à pisciculteur, cet homme est l’un des meilleurs producteurs de poisson à Adjarra

Autrefois conducteur de taxi à Adjarra et environs, Guillaume Gbantèhou est aujourd’hui l’un des plus grands pisciculteurs de sa commune. Grâce à la détermination et à la passion qu’il nourrit pour la pisciculture, il a produit et vendu rien que sur l’année 2020, une tonne et demie de poisson dans le centre de regroupement et de commercialisation mis à leur disposition par le programme Approche Communal pour le Marché Agricole phase 2 (Acma 2)

 AGRATIME : Pourquoi avez-vous embrassé la pisciculture ?

Guillaume Gbantèhou : J’étais chauffeur à la base. Mais dans mon parcours, je me suis intéressé à l’élevage de poisson et je l’avais adopté comme activité secondaire. Tout est parti d’une simple envie, personne n’a influencé mon choix. Au fil du temps et des expériences, j’en suis arrivé à abandonner les véhicules pour me consacrer entièrement à la pisciculture.

Comment étaient vos débuts dans l’activité ?

Dès le début, je rencontrais des difficultés, ce qui est d’ailleurs commun à toute activité. Ainsi, après le démarrage j’y ai consacré un peu plus d’attention chaque jour. Et pourtant je rencontrais des difficultés à élever convenablement mes poissons et à les écouler. Les clients venaient à compte-goutte et je vendais mes productions au détail. Dans le même temps, aussitôt que j’effectuais les ventes, je dépensais les revenus si bien que j’éprouvais des difficultés à soutenir les dépenses de la ferme, surtout l’achat des intrants. Je suis longtemps resté dans cette situation au point de totalement faire faillite. Au moment de me relancer, j’ai consacré un seul étang pour l’élevage de mes poissons quand bien même j’en avais plusieurs. Pour soutenir ma production, je me suis creusé les méninges, tenté tout ce qui était en mon pouvoir. Cela a duré 12 ans environs. Des coopératives, projets et programmes se sont succédés, tous m’invitant à l’adhésion. Mais à chaque fois, j’ai opposé un refus. Vu que je n’avais aucune expérience dans la pratique, je suis donc resté toujours hostile, ceci jusqu’à l’avènement du programme Acma 2. Comme à mon habitude, j’ai d’abord refusé l’invitation de mes collègues jusqu’au jour où mes poissons mis sur le marché ont attiré l’attention. J’ai ensuite été invité à une réunion qui a acté mon admission en tant que bénéficiaire du programme Acma2.

Qu’est-ce qui vous a véritablement fait changer d’avis ?

D’abord il s’agit de l’organisation professionnelle constituée au niveau communal, qui jouit d’une légitimité. En second lieu, il y a la mise en place du centre de regroupement et de commercialisation du poisson à Mèdédjonou, commune d’Adjarra.

Quelles sont les améliorations que vous avez remarquées dans vos activités grâce aux interventions du programme ?

En premier, j’ai accès à un marché d’écoulement qui me permet de vendre mes productions en gros. Ainsi, les revenus me parvenaient en gros, ce qui me facilitait les approvisionnements en intrants et une meilleure gestion des revenus. Ma production s’est améliorée et en moins d’un an j’ai aménagé davantage d’étangs. Maintenant j’en suis à sept, et tous sont pourvus en poissons. Aussi, mon cycle de production de poisson est devenu plus court de sorte qu’au cours de l’année 2020, j’ai approvisionné le centre de Mèdédjonou cinq fois. De toutes les livraisons que j’ai effectuées, le poids marchand moyen de mes poissons est de deux kilos. Il m’arrive donc d’apporter des poissons d’un à trois kilos. Je n’y convoie jamais des poissons de petite taille et les techniciens, le savent. Au détour des comptes, il s’est avéré que j’y ai convoyé 1, 362 tonnes de poissons avec un revenu d’environ un million cinq cent mille francs CFA.

En quoi le programme ACMA2 vous a-t-il aidé à réaliser ces exploits ?

À travers le PEA mise en place, j’ai tiré de nombreux bénéfices des interventions du programme Acma 2. Personne ne m’a pris de l’argent et je n’ai pris du crédit nulle part également. Toutefois, je bénéficie d’un suivi très rapproché de la part des représentants du programme. Parfois, je rencontre des difficultés sur ma ferme, comme des poissons qui meurent en masse, mes étangs qui se retrouvent dans un mauvais état, etc. Dans ces circonstances, les techniciens du programme se déplacent pour m’apporter un soutien technique gratuitement. C’est l’une des principales aides dont je bénéficie grâce à Acma. Dans un second temps, j’ai accès à un marché d’écoulement qui me permet de vendre mes productions en un geste, et non au détail.

Guillaume Gbantèhou, etrennant ses filets

Cette manière de faire du programme Acma 2 vous convient-elle ?

Depuis l’avènement du programme, j’ai noté de grands changements dans mes activités. D’abord, en raison du meilleur marché d’écoulement qui me facilite les réinvestissements de mes recettes, contrairement à mes habitudes. Désormais, j’arrive facilement à répartir mes revenus, je pourvois facilement au besoin de ma famille et tout va mieux pour moi. Alors, oui cette manière de faire me convient totalement.

Comment entrevoyez-vous l’avenir ?

Mon souhait est que les choses s’améliorent encore plus qu’elles ne le sont déjà. Que cela ne régresse plus, car personne ne souhaite du recul pour ses activités. En ce sens, nous les pisciculteurs avons besoin d’un soutien individualisé de la part de toutes personnes de bonne volonté, mais aussi de la part du programme Acma dans la mesure de ses possibilités, notamment pour acquérir les aliments de poisson à prix subventionné et pour accélérer le processus d’accès au crédit. En ce qui me concerne par exemple, j’ai véritablement besoin d’équipements pour assurer la viabilité de ma production.

Que comptez-vous faire de votre côté dans un contexte où Acma pourrait partir incessamment ?

Ma principale force se limite à élever suffisamment du poisson. Ainsi je pourrai approvisionner le centre mis en place pour nous aider afin qu’elle reste pérenne. Et j’espère que tous les pisciculteurs en fassent de même, car c’est notre chose à tous.

Propos recueillis : Méchac AWOKOLOÏTO

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