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Alimentation : « Mandagbé » pour « gagner du temps en cuisine »

Malgré leurs potentiels indéniables pour l’amélioration de la situation nutritionnelle, les légumes se font rares dans l’alimentation des  consommateurs. Pourtant, sur les périmètres maraichers en périphérie de Cotonou et d’Abomey-Calavi, les producteurs cultivent massivement ces denrées, mais peinent à les écouler. Une situation qui ne laisse pas indifférente l’équipe d’agripreneurs que dirige Eddy Alladahouinnon, technicien supérieur en production végétal. A travers leur entreprise “Mandagbé“, le groupe apporte des légumes précuits dans les plats des béninois à moindre coût.

Agratime : Présentez-nous « Mandagbé ».

Eddy Alladahouinnon: Mandagbé (« Du bon légume » en langue nationale Fongbé) est spécialisée dans la transformation de légume feuille, fleur, fruit, racineen légume précuit, en légumes frais et en légume séché.

Nous faisons des légumes précuits comme « gboman » (Grande morelle), « tchiayo » (Basilic africain), Moringa, feuilles de manioc et toute sorte de légumes en boîte de 500 g et en sachet de 250 g. Les légumes séchés sont en emballages de 80g et de 30g. Ils sont produits à la demande du client. Les légumes séchés conviennent pour ceux qui voyagent hors de nos frontières pour leur alléger le transport. Parallèlement, nous faisons des crudités de légumes découpés, lavés et emballés. Nous faisons aussi la macédoine de légumes à la demande. Par contre les légumes congelés sont disponibles à plein temps.

Eddy Alladahouinou, CEO de Mandagbé

Quel es l’origine du concept « Mandagbé » ?

Mandagbé existe depuis le 29 juillet 2019, cela fait deux ans que nous existons. Nous sommes partis du fait que beaucoup de produits maraichers ne sont pas suffisamment valorisés. Alors que, nous avons au Bénin beaucoup de légumes qui peuvent apporter des nutriments à l’organisme. Alors, pourquoi ne pas donner priorité à cela ?

Nous avons pensé aux légumes surtout, parce que les légumes sont des aliments très riches. Le « gboman » (Grande morelle) par exemple, savez-vous qu’il est plus riche que la laitue par son pigment ? Constatez qu’il est d’un vert plus foncé, donc il est plus riche en vitamine, car c’est le pigment vert qui détermine la contenance du légume en vitamine. Ceci pour dire que nous avons des mets de chez nous qu’on peut mieux valoriser. Nous avons donc estimé qu’il fallait qu’on le fasse, plaise aux consommateurs qui veulent gagner du temps en cuisine.

De même, les producteurs sont aujourd’hui confrontés à de sérieux problèmes. Les légumes sont difficiles à conserver et quand il y a de la mévente sur le périmètre maraicher, de nombreux producteurs jettent les légumes invendus désormais impropres à la consommation.

Nous nous sommes  donc dit que si nous devons transformer des légumes de chez nous, il faut que cela reflète notre identité. Alors, nous avons choisi d’appeler notre entreprise «  Mandagbé ».

Quelques légumes précuits de Mandagbé

À partir de combien peut-on s’offrir vos légumes précuits?      

Quand les gens entendent « légumes précuits en boîte », ils se disent qu’ils ne pourraient pas s’en offrir. Nous faisons des légumes en boîte de 500 g et en sachet de 250 g. Toutes les boîtes sont vendues à 500 FCFA et le sachet à 250 FCFA pour que cela soit accessible à toutes les couches sociales. Seul le Moringa précuit coûte 1000 FCFA, parce qu’il s’agit d’un légume difficilement accessible. En ce qui concerne les légumes séchés, nous vendons le sachet de 30 g à 400 FCFA 400 et 80g à 1000 FCFA. Les légumes séchés une fois réhydratés augmentent du volumes. Nous faisons également les crudités de légume : la carotte, le chou… Nous allons bientôt commencer avec le « fonman » (vitex doniana), car c’est un légume différent des autres. Nous avons déjà installé les champs qui d’ici deux ans, vont nous permettre de fournir du « fonman » à tous les cotonois, à la population d’Abomey-Calavi et de ses environs.

Quelles sont vos cibles prioritaires?

Nous visons d’abord la population béninoise en générale parce qu’il est recommandé de consommer au moins 500 g de fruits et légumes par jour ce que les gens ne font pas. Donc nous voulons d’abord aider la population béninoise à améliorer ses besoins nutritionnels. Déjà, nous visons les ménages qui sont consommateurs de légumes, mais contraints d’aller sur les périmètres maraichers ou ayant une difficulté avant de faire la cuisson. Ces ménages font partie de nos cibles de même que les enfants et adolescents. À ce titre, nous travaillons avec les producteurs pour intégrer leurs produits dans les cantines scolaires afin que les enfants puissent consommer et couvrir leur besoins nutritionnels.

Nous visons également les personnes qui suivent des traitements spécifiques contre des maladies de notre époque. Entre temps, une dame nous a été envoyée par un hôpital. Son médecin lui avait recommandé de consommer régulièrement du « tchiayo » qu’elle s’est procuré chez nous sur une période d’environ trois mois. En effet, il est conseillé aux personnes atteintes d’hypertension artérielle de consommer du « tchiayo », car il réduit le taux de cholestérol dans le sang. Donc ces personnes sont beaucoup plus visées.

Quelle garantie offrez-vous aux consommateurs sur la qualité de la matière première?

Nous transformons les produits agro écologiques et nous avons un procédé de transformation qui nous permet de conserver les qualités nutritionnelles des produits. Nous avons décidé de collaborer avec des producteurs qui font de l’écologique. Elle consiste à choisir les bonnes semences respecter les doses d’intrants à apporter aux légumes au moment où il faut apporter, la quantité qu’il faut apporter, etc. Il y a tellement de maraichers et beaucoup ne maitrisent pas les techniques culturales pour produire un légume de qualité. Pour ce faire, nous nous avons reçu de par notre formation des cours pratiques et théoriques sur les bons itinéraires techniques pour produire un légume de qualité, nous y pallions. Nous avons des conseillers au sein de notre entreprise qui forment ces producteurs, et nous faisons également des visites inopinées pour nous assurer qu’ils respectent ce que nous leur conseillons. Ils n’utilisent pas les engrais n’importe comment. Ils n’utilisent pas les produits phytosanitaires prohibés. Donc nous ne transformons que des produits agroécologiques. Nous ne prenons pas nos légumes chez n’importe quel producteur. Et cela, c’est pour garantir la santé du consommateur et la santé du producteur lui-même, car celui qui utilise moins d’engrais se protège.

 

Par exemple, le « tchiayo » contient des minéraux qui s’évaporent facilement quand ils sont trop chauffés. Beaucoup de personnes ne savent pas cuire les légumes. Vous les verrez préparer du légume, mais on laisse dans l’eau pour conserver. Tout cela élimine les nutriments contenus dans le légume. Ainsi, plusieurs personnes ce légume de manière déconseillée. C’est une chance pour nous d’avoir une formation dans ce domaine. De plus, nous formons un groupe pluridisciplinaire avec des personnes qui ont fait l’agronomie. Nous maîtrisons donc des procédés de transformation que nous adoptons pour conserver la plupart des composés nutritionnels.

Cela ne vous revient pas plus cher que lorsque vous allez directement vers le conventionnel?

Beaucoup pensent que si on fait de l’agroécologie, on dépense plus ou qu’on n’a pas assez de bénéfice, mais c’est faux. En fait, cela ne nous revient pas cher. Heureusement, dans notre groupe, nous avons deux agroéconomistes qui ont effectué les estimations, le coût de revient qu’on a sur une boîte nous permet de rentabiliser si on adopte cette technique. Ceci pour dire que le fait de transformer des produits agro écologiques ne constitue pas une perte pour nous.

Légumes séchés de Mandagbé

Où sont disponible vos produits ?

Notre siège même est à Godomey Togoudo non loin de la pharmacie « le Jourdain » dans la deuxième rue en face de la pharmacie et quatrième maison à gauche. Nous faisons nos productions là et disposons d’une boutique. Nos produits sont également disponibles au Supermarché Eco Terroir à Saint Michel, à 150 m de l’Eglise. A la superette Pure Nature à missèbo en quittant le feu St Michel et chez Mury Store à Fidjrossè calvaire. Nous sommes également à la Start up Valley en face de la mairie d’Abomey-Calavi.

Également, nous avons les poissonneries qui font partie de nos points de vente, parce que pour faire la sauce aujourd’hui, les gens vont à la poissonnerie pour payer du poisson. Mais celui qui y va et trouve des légumes précuits facilement, il gagne du temps et cela lui réduit la distance. Elle pourra cuisiner facilement. Nos produits sont également disponibles dans la poissonnerie Sèna près du supermarché « Prix d’or » à Gbègnigan. Nous avons également nos produits à Arconville, dans la deuxième rue après le centre de santé non loin de l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi. Nous avons également des commerciaux et nous travaillons actuellement sur le marketing pour élargir notre réseau de client.

Propos recueillis: Méchac AWOKOLOÏTO

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