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Niébé : Les déchets végétaux brulés comme engrais naturel à haut rendement

La recherche scientifique au profit de l’amélioration des rendements des productions a permis de découvrir le grand potentiel du biochar pour le niébé. Quand bien même ce procédé naturel comporte de grands espoirs pour les acteurs du secteur, les scientifiques restent mitigés sur ses probables effets pour la biodiversité souterraine.

La quête de solutions et de pratiques agro écologiques gagne du terrain et touche la chaine de valeur du niébé. Appelée « dolique à œil noir », « pois aux yeux noirs » ou vulgairement reconnu par sa famille biologique, le « haricot », cette graine est cultivée principalement en zone tropicale et entre dans la composition de nombreux plats dans la sous-région. Le niébé est toutefois une grande source de protéine végétale et de vitamines, très conseillé par les nutritionnistes et les éleveurs. C’est d’ailleurs pourquoi il est appelé graine magique.

Une étude publiée par des chercheurs ghanéens a permis de découvrir le potentiel du charbon issu des déchets végétaux pour amender les cultures du niébé. Ils en ont conclu que ce biochar obtenu par la pyrolyse de la biomasse favorise la croissance et le rendement de cette culture sur des sols sableux modérément acides. Pour ce faire, les scientifiques ont adopté une méthode d’application ponctuelle en le plaçant dans un petit trou.

Ce procédé favorise la capacité du sol à retenir l’humidité tout en réduisant son acidité. Edward Yeboah, auteur de l’étude et directeur du conseil pour la recherche scientifique et industrielle de l’Institut ghanéen de recherche sur les sols assure que « les petits agriculteurs peuvent maximiser les avantages de l’utilisation du biochar grâce à l’application ponctuelle ». Et pour cause, elle a permis d’enregistrer une augmentation avoisinant 45 % du poids des tiges, des feuilles et des bourgeons.

De même, les nutriments que comporte ce charbon et ceux dont il favorise la prolifération améliorent le développement des microbes bénéfiques pour les plants de niébé. Seulement, les avis sont partagés sur ce dernier point.

Le biochar, bon ou pas bon pour les insectes souterrains ?

Sur la base d’études de la même nature, des scientifiques kényans ont reconnu l’utilité de ce biochar non seulement pour le niébé, mais aussi pour le soja et le maïs à travers son potentiel à retenir l’eau du sol et à fournir les nutriments nécessaires à la croissance des cultures. Toutefois, ceux – ci, Chrysantus Mbi Tanga, chercheur au Centre international de physiologie et d’écologie des insectes en l’occurrence, souligne que certains insectes bénéfiques au sol seraient menacés pendant le processus de production du biochar. En fait, des matériaux qui entrent dans la composition et la pyrolyse de ces déchets végétaux seraient nuisibles pour les plantes en raison de substances chimiques qu’ils comportent.

Ces études ne sont suffisamment pas approfondies pour confirmer cette hypothèse, mais l’adoption des procédés de fabrication de ce biochar ainsi que le processus d’utilisation requiert une formation préalable des agriculteurs. C’est du moins ce que préconise Edward Yeboah pour engager la vulgarisation de cette approche de culture du niébé.

Méchac Awokoloïto

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