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COVID-19 : ICRISAT s’active aux cotés des producteurs ouest-africains

La propagation du COVID-19 porte des germes d’une crise alimentaire potentielle en Afrique. Les chiffres avancés par la CEDEAO sont très alarmants et les conditions socioéconomiques et climatiques inquiètent. Cependant, des organismes de développement du secteur agricole africain à l’instar de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) participent à l’effort des producteurs pour atténuer les impacts annoncés. Celui-ci en l’occurrence s’active pour la mise à disposition des semences nutritives et climato-intelligente.

Les acteurs du secteur agricole traversent une période d’inquiétude généralisée face aux scores en chute libre des rendements économiques en général et agricoles en particulier. En effet, la CEDEAO annonce qu’en raison de la pandémie du Coronavirus, le nombre de personnes exposées à l’insécurité alimentaire passerait de 17 à 50 millions d’ici trois mois. Selon l’organisation ouest-africaine, ces chiffres seront certainement aggravés par l’insécurité omniprésente dans la sous-région, les changements climatiques, les sècheresses fréquentes et l’invasion des cultures par la chenille légionnaire d’automne. Elle tire ainsi l’attention des populations ouest-africaines sur l’ampleur de la catastrophe alimentaire à venir et surtout sur la nécessité d’agir en amont afin d’en alléger l’ampleur.

Cette alerte, l’Institut International de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides l’a entendue et a décidé de travailler aux côtés des communautés agricoles rurales. Selon Dr Ramadjita Tabo, Directeur Régional de l’institut de développement agricole basée à Bamako au Mali, il est possible de mettre en place des outils et des plateformes digitaux dédiés à l’agriculture en vue d’assister les programmes de développement et d’aide alimentaire d’urgence à soutenir la production et faciliter les échanges pendant et après la crise du COVID-19. À cet effet, l’ICRISAT entend renforcer les capacités de ses partenaires, dans la mise à disposition de variétés de cultures à hautes valeurs nutritives. L’institut pense essentiellement au mil et au sorgho, mais aussi aux chaînes de valeurs ayant un fort potentiel dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, nutritionnelle et les revenus des communautés touchées. Ce choix se justifie à maints égards.

 

Les impacts du Coronavirus sur le secteur agricole

Le COVID-19 a eu un impact très défavorable sur l’agriculture en général et touche à toutes les chaînes de valeur. Le manque d’information sur les attitudes barrières au virus crée dans les rangs des producteurs une confusion quant à la possibilité de se rendre dans leurs champs pendant les cultures. Cette incertitude dévoile un besoin de sensibilisation que tentent de combler certaines ONG nigériennes. Ensuite, la logistique se raréfie, notamment avec le retard dans la certification et l’acquisition des semences et des intrants, l’impossibilité d’engager plus de main-d’œuvre à cause de la distanciation sociale. De même, il est difficile de démarrer la campagne dans un contexte aussi contraignant sans un soutien financier conséquent et ceci même après le déconfinement des populations. Des organisations paysannes craignent de ne pouvoir doter convenablement leurs membres, de kits de protection contre le Coronavirus.

La conjugaison de toutes ces variables oblige à la reconsidération des solutions numériques même si l’environnement est imperméable aux TICs. « La plupart des agriculteurs comme moi n’ont pas de smartphones ni d’autres plateformes virtuelles que ceux des villes utilisent pour se connecter. Par conséquent, faute de réunions et de regroupements, nous sommes très préoccupés par l’absence de préparation des activités de notre groupement en prévision de la saison hivernale prochaine », explique Fanta Diamoutene, présidente d’un groupement de productrices agricoles de Farakala au Mali.

On peut donc espérer que l’initiative de l’ICRISAT, et de celle des ONG et organisations paysannes bénéficie de l’écho nécessaire pour amoindrir les impacts du COVID-19 sur la sécurité alimentaire déjà critique en Afrique.

 

Méchac Awokoloïto

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