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Florent Dah Bolinon : « Ma vision est de produire jusqu’à 12 tonnes d’huile par mois avec l’appui du programme ACMA2»

Engagé aux côtés des acteurs agricoles pour l’amélioration de leurs revenus, le programme Approche communal pour le Marché Agricole phase 2 (ACMA 2) continue de faire rêver les producteurs. A l’image de ses pairs, Florent Dah Bolinon, producteur et transformateur de noix de palmes en produits dérivés dans la commune de Pobè, a bénéficié de diverses formations et d’un accompagnement accru du programme. Dans un entretien à nous accorder, il revient sur son parcours et dévoile ses ambitions son activité de production d’huile de palme.  

Agratime : Comment avez-vous entendu parler du programme ACMA ?

Florent DAH BOLINON : En fait je suis membre du bureau communal du Warrantage de l’Union des producteurs de palmiers à huile de Pobè. ACMA étant un programme qui s’occupe essentiellement  des produits agricoles, j’ai entendu  parler de cela grâce au superviseur de la zone Plateau, lors de nos opérations de warrantage. C’était dans la dernière année de la première phase du programme.

Comment avez-vous commencé à bénéficier du programme?

La collaboration avec le programme ACMA2 a commencé depuis le jour où j’ai pris les rênes du secrétariat général du comité de warrantage de l’huile de palme à Pobè. Ainsi, nous avons commencé par travailler ensemble avec l’appui de la personne chargée du warrantage au sein du programme ACMA2.

Concrètement, quels appuis avez-vous reçu du programme ACMA2 ?

Depuis que je suis bénéficiaire, je peux dire que j’ai vraiment profité surtout des formations. Il y a entre autres la formation sur l’éducation financière, la formation sur les normes d’hygiènes et de qualités, la marche en avant dans le processus de production, la formation sur la diversification du marché, le marketing, la formation sur l’utilisation des intrants.  Il y a beaucoup de choses que j’ai apprises grâce à ce programme et je les utilise très bien pour la bonne marche de mon entreprise. Le Programme ACMA2 nous a encouragé a avoir la culture du partage de connaissance ce qui fait que de retour de chaque atelier de formation nos représentant à l’atelier organise une séance de restitution et partage les connaissances reçues avec tout le monde. Grâce à tout cela je peux affirmer que j’ai capitalisé beaucoup de formations et d’expériences dans le domaine de la transformation des noix de palme en produits dérivés. J’ai également bénéficié de deux cuiseurs et d’un malaxeur de la part du Programme ACMA2 ces équipements rendent plus professionnel et moins pénible mon travail. 

Sentez-vous, une amélioration dans vos activités aujourd’hui ?

Oui, nettement je dirai. Les succès que j’enregistre aujourd’hui sont énormes, car je peux dire que grâce à ces différentes formations, j’ai amélioré un tant soit peu ma manière de produire l’huile. Aujourd’hui, je peux dire en tapant sur la poitrine que  j’ai de l’huile de très bonne qualité. Ce n’est pas pour me vanter, mais à voir le processus de transformation que j’ai adopté grâce à ACMA, mon huile de palme est nettement différente de ce que je produisais. Lorsque je n’avais pas eu de formation, je mélangeais vraiment tous. Mais aujourd’hui, les anciennes habitudes sont bannies.

Sur quoi vous fondez vous pour apprécier ces réussites ?

Premièrement ces réussites sont quantitatives. Il y a de cela deux ans avant d’être bénéficiaire du programme je produisais entre dix et vingt bidons d’huile par mois. Aujourd’hui en période de pointe c’est-à-dire d’abondance de régimes de noix de palme, je produis mensuellement deux tonnes d’huile de palme en moyenne, en période de rareté de régimes de noix de palme. 

Deuxièmement, il y a l’appréciation des consommateurs. Moi je produis en appliquant la marche en avant, je veille au respect de l’hygiène mais je ne sais si ma production est appréciée par d’autres. Ce sont les consommateurs qui en redemandent de plus en plus me disant que mon huile est de qualité, qu’ils veulent tels nombres de bidons ou de litres. C’est donc grâce à eux que j’ai commencé moi aussi à comprendre que ce que je produis est bon et que je dois y mettre du sérieux.

Est-ce à dire que tout marche bien pour vous ?

Non, pas vraiment ! ça va mieux pour moi grâce à l’accompagnement du programme ACMA2 je fais néanmoins face à bien de difficultés en dépit. Il y a le financement qui ne sort pas à temps. Par exemple, j’ai demandé cette année à avoir un prêt pour augmenter ma production et ils m’ont demandé et j’ai déposé des garanties. Mais après, je n’ai pas pu obtenir le prêt bien que je remplissais les conditions. Je voulais le prêt pour booster mes activités, mais jusqu’à très récemment, je n’ai rien eu. Énervé, et fatigué d’attendre j’ai été obligé d’aller retirer mes dossiers à la structure de microfinance.

Quand il faut satisfaire une grosse commande et qu’on doit se mettre à plusieurs pour produire, nous devons être plus tatillons et plus rigoureux les uns avec les autres car il arrive que se pose un problème de qualité car la manière de faire peut différer d’un producteur à un autre et déteindre sur la qualité du produit. Il y a également le manque de main-d’œuvre et le matériel de travail qui jouent sérieusement sur nous. Parfois vous avez la matière première, mais vous avez des difficultés à trouver la main-d’œuvre parce que pendant la période de pointe, tout le monde est au travail ou sollicités ailleurs.

Comment pensez-vous pallier à ces difficultés ?

Pour corriger ces difficultés, ce serait une bonne chose si les crédits peuvent venir au moment de pointe, c’est-à-dire au moment où nous avons beaucoup de noix de palme pour transformer quantitativement. Sans ça, on ne peut rien. Ces crédits représentent toute notre force. Nous avons des demandes de 30 tonnes de  clients nigérians qui après consommation ont aimé les produits, mais je ne peux pas produire autant. Pour ce qui est de la main d’œuvre, je prendrai des dispositions personnelles pour corriger ça. En ce qui concerne les manières de faire des autres producteurs et l’impact sur la qualité des produits, des formations sont actuellement en cours à leur endroit à travers des organisations partenaires du Programme ACMA2 et nous aussi de notre côté nous organisons des cessions de partage de connaissances avec les autres producteurs une fois de retour des formations. Aussi par rapport aux matériels de travail, ACMA fait déjà beaucoup, grâce aux cuiseurs et malaxeur offert par ACMA2 ça va déjà mieux, mais avoir du matériel plus performant serait aussi bien.

Quelles sont vos perspectives à court ou moyen terme grâce au soutien du programme?

Actuellement, ma vision c’est de produire jusqu’à 12 tonnes par mois avec l’appui du programme et cela sans grandes difficultés. Avec une telle production, je pourrai alterner avec l’élevage traditionnel, car j’ai acquis beaucoup de connaissances à travers les formations sur l’élevage de nos poulets locaux et des bêtes locales également. Ainsi les résidus  seront utilisés comme provende et en plus de cela les déchets issus de la transformation  peuvent être utilisés comme engrais bio pour les plants, nous aurons donc de gros régimes  et puis comme cela rien ne sera jeté. Ma propre production ne me permet pas d’atteindre le tonnage souhaité. Là il faut encore que j’achète des régimes pour atteindre la quantité voulue et cela est très tracassant et plus, le transport est difficile. Il faudrait avoir un moyen personnel de transport tout au moins un tricycle pour avoir les régimes à temps afin de passer à l’égrappage, l’effruitage et à la cuisson des noix. Je suis dans l’entrepreneuriat agricole, je préfère continuer je ne me vois plus ailleurs  je me sens plus à l’aise. Et c’est grâce à l’appui d’ACMA 2.

Propos Recueillis par Méchac Awokoloïto

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