PPAAO : 100 jeunes déscolarisés formés à l’entreprenariat agricole au centre Songhaï

8 mois déjà

Lancé le 22 mai 2018, le programme de formation de 100 jeunes déscolarisés par le centre Songhaï avec l’appui du Projet de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) a pris fin ce 21 novembre. Après six mois de formation, ces jeunes qui hier, étaient abandonnés à eux-mêmes et dont l’avenir s’inscrivaient en pointillé, sont aujourd’hui aguerris et outillés pour l’entreprenariat agricole.

Former 100 jeunes déscolarisés à l’entreprenariat agricole, voilà l’objectif visé par le Programme Cadre d’Appui à la Diversification agricole (ProCAD) à travers le PPAAO en lançant ce programme qui au bout du temps, s’est révélé comme une véritable aventure humaine. En effet, des jeunes venus de tous les départements du Bénin ont été internés pendant six mois au centre Songhaï à Porto-Novo, où ils ont été formés à la production végétale, animale, piscicole et à la transformation agroalimentaire. Sous la houlette du promoteur dudit centre, le père Godfrey Nzamujo et du ProCAD, ces jeunes ont aussi appris à rédiger un plan d’affaire en vue de la création d’une entreprise en bonne et due forme, et à tisser des liens d’amitié et d’affaire entre eux. « A partir d’aujourd’hui, ils sont entrés dans une grande famille, je suis tellement fier d’eux car c’est un groupe différent. Je tiens à dire que mes enfants là, sont comme des œufs fertiles que nous avons couvés pour produire des poussins qui je suis sûr, vont continuer à grandir » a dit le père Godfrey Nzamujo.

Le directeur du centre Songhaï à droite, la CP/PPAAO et le CP/PDAVV à la cérémonie de fin de formation des 100 jeunes

Se réjouissant de l’ambiance familiale qui a prévalu au cours du séjour des bénéficiaires dans son centre, il a déploré le fait qu’ « on continue à former les jeunes d’aujourd’hui pour le travail d’hier » avant depoursuivre ; « cet investissement dans la formation du capital humain, permet d’inscrire ces jeunes dans la ligne d’une prise en charge de leur propre destin en leur donnant des outils appropriés pour faire face aux grands défis du développement économique et durable de nos communautés ».

Une sélection rigoureuse empreint d’approche genre, base du succès du programme

Le ProCAD vient ainsi à travers ce programme, de régler du même coup un problème de chômage en apportant une plus-value à des jeunes qui étaient partis pour être les délaissées de la société et un problème de main d’œuvre pour le secteur agricole. Tout a commencé en février 2018 avec le lancement d’un premier appel à candidature pour des jeunes déscolarisés ayant entre 18 et 25 ans. Les dossiers retenus n’ayant pas atteint les cents espérés, le ProCAD a lancé un second appel à candidature qui est cette fois-ci élargi aux jeunes de 27 ans. Au terme de ce dernier appel à candidature, 100 jeunes dont 33 femmes ont été retenus sans distinction de sexe, de lieu de provenance ou d’affinité par un comité spécialement constitué pour la cause.

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Pour un coût total de 124.700.000 francs CFA, le projet a permis à ces jeunes d’avoir deux spécialisations dans un domaine donné (la première étant considérée comme la principale) tel que le maraichage, la culture vivrière, la transformation agroalimentaire, la pisciculture, l’agroforesterie, l’artisanat, la production des poulets de chairs et autres volailles, la nutrition animale, bovin caprin, les cailles, la cuniculture, la production de porcs et la provenderie.

Quelques jeunes bénéficiaires à la cérémonie de fin de formation

« Nous sommes très heureux aujourd’hui parce que nous avons vu et appris une autre façon de faire l’agriculture : l’agriculture biologique et écologique. Cela nous a ouvert les yeux sur les opportunités en agriculture que nous offre notre pays et qui sont de loin, supérieurs aux défis auxquels nous faisons face. » s’est réjouie la porte-parole des bénéficiaires Rachel Adonsi. En effet, ces jeunes ont expérimenté sous diverses formes, l’agriculture biologique de façon à lier les cultures entre elles. De quoi les motiver à s’investir davantage dans l’entreprenariat agricole. « Nous mettrons tout en œuvre pour gagner le pari de nos micros entreprises respectives afin de créer des emplois décents pour nous-mêmes, tout en employant et inspirant d’autres jeunes » a-t-elle rassuré.

Un suivi rigoureux prévu par le ProCAD

Nous voulons lancer un appel à votre endroit celui de suivre inlassablement nos projets pour nous conseiller et nous guider, ce qui nous permettra d’arriver à bon port a dit en substance Rachel Adonsi. Tout en remerciant les encadreurs pour le résultat obtenu au bout de six mois et les apprenants pour le témoigné à eux rendus par le promoteur du centre Songhaï, Virginie Assogba Miguel, la chef programme du Projet de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest s’est dit certaine que ces jeunes ne vont pas décevoir. Avec l’engouement qu’ils affichent et leur engagement à mettre en œuvre ce qu’ils ont appris, soutenez- les en attendant que projet ne les appuie car ce qui est sûr c’est que le projet va les soutenir » a -t-elle lancé aux parents. En effet, chacun des jeunes a élaboré un micro projet dans l’un des domaines de leur formation et le PPAAO s’est engagé à acquérir une ou une bonne partie des équipements dont ils auront besoin. Ce soutien du projet est estimé à 200.000.000 de francs CFA. Comme quoi, le ProCAD à travers le PPAAO entend suivre rigoureusement ces jeunes et leur offrir un avenir ainsi qu’à leurs pairs qu’ils emploieront, un avenir dans le secteur agricole.

 

André TOKPON

 

André Tokpon

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